Une deuxième chance [PV Olympe]

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    Message  Émilie Simon le Dim 6 Sep - 22:43





    Olympe & Émilie
    « Having a second chance makes you want to work even harder. »

    Une deuxième chance
    C'était presque inespéré. Elle qui était tombée dans une routine abominable, il aura fallu un petit coup de pouce d'un excellent ami pour s'en sortir. Simplement voir que ce qui lui fallait était droit sous son nez. Que la place de Professeur de Lutte contre la Magie Noire était libre. À vrai dire, ce nouvel objectif avait redonné tout son peps à Émilie qui, avant cette nouvelle rentrée de Beauxbâtons, était bien déterminée à obtenir son poste.
    Malgré son jeune âge. Malgré son passé de "criminelle". Malgré tout ce qu'on pourrait mettre devant son chemin. Elle était prête.

    Retourner à Beauxbâtons fût plus difficile que prévu. Et à voir ses couloirs vides d'autant plus. Après tout, on n'était pas encore la rentrée, et les élèves n'étaient pas encore arrivés, ou alors ils se faisaient discrets pour ne pas risque de croiser l'Intendant, la Veneuse, ou tout autre personne du corps professoral. Émilie, quant à elle, était toujours restée aussi longtemps que possible en dehors de l'établissement durant les vacances. Après tout, c'est là que se passaient tous les tournois les plus intéressants de Quidditch.
    Revenir lui faisait cependant du bien, bien que plusieurs "merde" et "bouse de troll" furent lâchés au cours des quelques minutes que cela lui prit de venir jusqu'au deuxième étage, au niveau du bureau de Madame Maxime. Tout semblait avoir changé, et pourtant, tout semblait pareil à la fois. Peut-être étais-ce une vision plus adulte qu'elle avait à présent de ces lieux? Ce n'était plus le temps des premiers baisers, des expériences nouvelles et des cavales entre amis, mais un établissement remplit d'obligations, de transmission du savoir et surtout, d'obligation professionnelle. C'était nostalgique en quelque sorte.

    Devant la porte du bureau, Émilie ne se recoiffa pas. Ne prit pas une minute pour se recomposer. Ne soupira pas longuement. Non, elle avait déjà passé cet entretien dans sa tête plusieurs fois, elle avait déjà bien longtemps hésité à envoyer sa lettre. Il n'y avait plus que de la détermination. Un désir farouche de s'imposer, de prendre la place qui, dans un sens, lui était dû. Ou tout du moins, c'est l'état d'esprit dans lequel elle était.
    Il n'y avait plus à ressasser. Il n'y avait qu'Émilie et Olympe Maxime. Et Émilie se savait capable. Il n'y avait plus qu'à convaincre son interlocutrice qu'elle l'était.

    Sans hésiter donc, elle toqua fermement à la porte et attendit une "entrez". Une fois celui-ci arrivé, elle entra, le pas ferme, les yeux déterminés. Elle referma la porte derrière elle sans aucune douceur, vraiment, puis fixa la géante droit dans les yeux.
    Un blanc. Puis:

    « Bonjour, Madame la Directrice. »

    Rien d'autre ne lui venait à l'esprit, et très franchement, elle ne devait pas sembler aussi impressionnante que ce qu'elle aurait espéré. Mais vraiment, qu'espérait-elle? Avait-elle oublié que Olympe Maxime était, littéralement, une géante? Et ce n'était pas que sa stature qui la faisait briller de cette autorité. Au final, qui que l'on soit, surtout quand on était un ancien élève, on serait toujours un peu impressionné.
    Il faut dire que la Directrice de Beauxbâtons avait été pendant très longtemps son idole, ancienne enseignante dans le poste qu'elle convoitait, obstinée et à la main de fer. Dure, mais juste. En réalité, elles se ressemblaient énormément, et à cause de ses objectifs toujours si bien fixés et de sa droiture, Émilie avait toujours admiré la géante, la voyant comme une personne que presque tout le monde devrait prendre comme un exemple.
    Parfois, elle espérait devenir quelqu'un comme ça, qu'on prenait en exemple, un modèle à suivre, une inspiration. Mais aujourd'hui, c'^était différent. Aujourd'hui elle n'était rien du tout. Et aujourd'hui, c'était à Madame Maxime de décider si elle voulait lui laisser la chance de devenir quelqu'un comme ça. Ou si elle ne méritait pas de deuxième chance.

    Le faite qu'elle avait accepté de la voir tenait déjà presque du miracle. Il n'y avait plus qu'à espérer que cet entretien se passe aussi bien qu'Émilie espérait.
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    Message  Olympe Maxime le Lun 7 Sep - 19:10

    Jamais Olympe n'avait compté autant de défection dans les rangs de ses professeurs. Elle avait passé le plus clair de sa semaine à éplucher les candidatures en diverses matières dont la divination qui lui avait pris le plus clair de son temps. Mais elle devait aussi penser à remplacer le professeur de Lutte contre la Magie Noire et autant il y avait eu foule pour le poste de divination, autant il n'y avait pas eu beaucoup de monde se bousculant au portillon pour le poste de Lutte contre la Magie Noire. Il fallait dire que ce poste était délicat et très souvent critiqué pour les liens réguliers et nécessaires que le professeur enseignant avait avec la Magie Noire.

    Elle n'avait finalement que deux candidatures sérieuses : un ancien auror ayant travaillé au département de surveillance des créatures magiques du Gouvernement et cette petite Émilie Simon qui avait raté son intégration dans les rangs des aurors gouvernementaux pour une sordide histoire de détournement d'objets maudits et de pratique frauduleuse de magie noire... Non seulement il n'y avait pas beaucoup de choix mais en plus le chaland disponible n'était pas très bien coté par les carnets mondains.

    Le premier entretien qu'Olympe avait eu avec l'ancien auror avait cependant vite tourné au vent du nord au vu du discours très rigoriste et profondément anti-hybride de son interlocuteur. Olympe ne cherchait pas à engager un adjudant de caserne et encore moins un embrigadeur dans les idées étriquées des ultras sang-pur car il était très vite apparu que cet homme ne saurait pas tenir la neutralité de pensée qui était de rigueur dans le corps enseignant de l'Académie.

    Olympe misait donc beaucoup sur l'entretien de cette petite demoiselle qu'elle avait connu à Beauxbâtons du temps de ses études. Elle en avait gardé le souvenir d'une jeune fille volontaire et travailleuse quoiqu'à la sociabilité un peu bancale. Elle avait hâte de voir comment ces quelques années passées depuis sa sortie avaient fait changer Émilie mais aussi de juger par elle même en quoi Émilie pouvait être véritablement tenue pour responsable d'actes de Magie Noire et surtout voir si cette dernière n'avait pas marqué dangereusement la jeune femme.

    Lorsque trois coups volontaires furent frappés à sa porte, Olympe sortit de sa réflexion, reposa l'ancien dossier scolaire d'Emilie Simon ainsi que les coupures de presses expliquant l'affaire de Magie Noire qu'Ansèlme avait réussi à lui procurer. Elle glissa le tout sous son sous-main et croisa les mains sur son bureau.


    - Entrez, intima-t-elle de sa voix grave et feutrée.

    La porte s'ouvrit sous un geste ferme, peut-être même presque brusque et une jeune blonde très nature entra d'un pas décidé lui aussi à la limite de la brusquerie. La porte se referma aussi fermement qu'elle s'était ouverte tandis qu'en trois pas, la jeune Simon se retrouva en face du bureau de la géante, ses yeux bleus fermement plongés dans le regard d'émeraude un peu pâli par les années de Madame Maxime.


    - Bonjour, Madame la Directrice, salua-t-elle d'une voix ferme.

    Olympe esquissa un fin sourire poli et se ménagea son petit effet. Elle se leva lentement de sa chaise, dressant ses deux mètres et ses quarante centimètres au dessus de la jeune fille. Elle tendit alors sa main impeccablement manucurée vers une des deux chaises libres en face de son bureau et répondit :

    - Bonjour Madame Simon. Asseyez-vous, je vous en prie.

    Alors que la jeune femme s'exécutait, Olympe réintégra son fauteuil aux dorures rococo qui juraient particulièrement avec sa robe couleur corail. Elle croisa ses mains sur son bureau, dévoila une splendide opale grosse comme un oeuf de poule mais qui, montée en bague, était bien proportionnée par rapport à sa main.

    - Avez-vous fait bonne route? Comment trouvez-vous Beauxbâtons depuis votre dernier passage? On voit les choses radicalement différent lorsqu'un passe de l'autre côté du pupitre, pas vrai?

    Olympe n'était pas une femme cruelle de nature et elle n'avait pas besoin de rajouter un ton formel ou une discussion pompeuse pour impressionner son interlocutrice. Son petit (mais néanmoins imposant) doigt lui disait qu'il en faudrait de toute façon beaucoup plus pour impressionner ce petit bout de femme déterminée. Et puis d'ordinaire, la solennité du lieu et du décors faisaient déjà beaucoup pour impressionner les visiteurs. Elle avait donc adopté un ton affable pour briser quelque peu la glace.