L'avenir est dans l'enseignement (PV Gimbya)

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    Message  Olympe Maxime le Lun 7 Sep - 16:52

    Cela faisait plusieurs jours qu'Olympe se débattait avec des soucis administratifs pour compléter son équipe pédagogique. La rentrée était imminente et plusieurs professeurs manquaient encore à l'appel. Aujourd'hui, c'était au poste de divination qu'elle consacrait presque tout son temps.

    Il fallait dite qu'elle en avait reçu des candidatures. La divination avait cette particularité d'être considérée comme de la comédie par une partie non négligeable de la population qui n'avait pas le don où qui refusait de le comprendre. Aussi les sorciers devins avaient de grosses difficultés pour faire valoir leur talents et les places se faisaient rares et chères. Beaucoup d'appelés, peu d'élus... et des candidats, il y en avait eu pléthore lorsqu'il s'était su que le poste de professeur d'arts divinatoires  Beauxbâtons était à pourvoir. Des dizaines de lettres de candidature étaient parvenu jusqu'au palais bleu et blanc de l'Académie et il avait fallu à Olympe le concours d'Ansèlme, le fidèle intendant de Beauxbâtons, pour opérer une première sélection parmi ce ras de marée de lettres.

    L'une d'entre elles avait particulièrement retenu son attention. Une belle enveloppe d'une couleur lilas sombre, aux bords décorés d'un liseré imprimé et à l'écriture élancée et volontaire. Elle y avait trouvé avec surprise la candidature de Gimbya Mabolela, une sémillante et extravagante chanteuse de jazz qui avait tourné casaque au sommet de sa carrière pour se lancer non sans un certain succès dans la diplomatie.

    Une rapide enquête sur cette femme avait appris à Olympe que non content d'avoir un charisme certain et une voix de velours, Guimbya Mabolela avait le don de voyance et qu'elle semblait l'avoir hérité d'une famille chez qui il était solidement présent à chaque génération. Il se murmurait même que si Madame Mabolela avait aussi bien réussi sa carrière de diplomate, c'était parce qu'elle avait su utiliser plusieurs fois et à bon escient ses talents de devineresse.

    Olympe était toutefois partagée sur le bien fondé de l'engagement de cette devineresse haute en couleurs. En soi, elle ne remettait pas vraiment ses talents en cause mais elle avait plutôt peur que sa personnalité exubérante et tranchante ne pose des soucis vis à vis des élèves. Avoir du talent était une chose, avoir de la pédagogie et savoir s'adapter à l'établissement d'enseignement en était une autre.

    De plus, Olympe avait une crainte supplémentaire. Savoir que Gimbya avait collaboré pendant des années avec le Gouvernement et avec le Chancelier Vendémiaire pouvait représenter un certain risque quant à la liberté et l'indépendance de l'Académie vis à vis du Gouvernement. Mais d'un autre côté, il pouvait être rassurant pour le Gouvernement de savoir une de ses anciennes employés dans les rangs des enseignants de Beauxbâtons. Il y avait du pour et il y avait du contre et Olympe devait avant toute chose tenter d'établir une relation de franchise et de confiance avec cette potentielle nouvelle recrue.

    Elle en était là de ses pensées lorsque quelques coups frappés à la porte de son bureau la tirèrent de ses pensées. Elle tourna la tête vers l'entrée tandis que la tête d'Ansèlme apparaissait dans l'embrasure de la porte entrouverte.


    - Madame Mabolela est arrivée Madame la Directrice.

    Olympe savait que lorsqu'Ansèlme utilisait ce ton officieux, cela voulait dire que son invitée se trouvait juste de l'autre côté de la porte et qu'il utilisait ce ton légèrement pompeux pour essayer d'impressionner le nouveau venu. Elle jeta un rapide coup d'oeil dans l'un des nombreux miroirs qui ornaient les murs de son bureau pour vérifier sa tenue. Impeccable comme à l'habitude elle passa machinalement ses mains sur les côté de sa coiffure qui consistait en un chignon serré sur la nuque dont trois Anglaises dépassaient sur ses épaules puis les passa sur le dessus de son corsage de taffetas carmin aux reflets prunes. Elle fit alors trois pas pour se positionner à son bureau et fit signe à son acolyte :

    - Faites-la entrer je vous prie Monsieur Hautecourt.

    L'Intendant disparut puis, trois secondes plus tard, les deux battants s'ouvrirent de concert pour laisser Madame Mabolela faire son entrée.